ATELIER CONSONANCES
Conception de sanzas, mbiras et kalimbas


La sanza traditionnelle, en quelques lignes...


sanza à lames végétales

Origine

La sanza est un instrument de musique d'origine africaine, de la branche des idiophones, et de la sous-branche peu fournie des lamellophones (la guimbarde en est un aussi). Elle est très ancienne, vraisemblablement apparue au cours de l'Antiquité avec les civilisations bantoues d'Afrique centrale. Elle est aujourd'hui principalement présente dans les régions subsahariennes et australes de son continent.


Facture et utilisation

Il s'agit d'un clavier de lamelles métalliques monté sur une table d'harmonie de bois dur, avec ou sans caisse de résonance. Ce clavier est inséré entre deux chevalets et une barre de pression, et ses touches sont mises en vibration au niveau de leur extrémité libre par pincement avec les ongles des pouces et des index. Traditionnellement, la musique crée des motifs répétitifs et superposés, polyrythmiques et/ou polyphoniques, parfois assez complexes, servant à accompagner le chant. La sanza peut aussi se jouer en orchestre jusqu'à quatre instruments (cas de la mbira par exemple), dont chacun produira alors des motifs et des hauteurs de son complémentaires. Elle a hérité en Europe du nom un peu simplifié de "piano à pouces", ou "thumb piano".



La sanza revisitée par l'Atelier Consonances


sanza à lames végétales

Pour un instrument de l'Atelier, le maître mot aura été optimisation. Du son, des lignes, mais aussi d'un maximum d'éco-responsabilité: les sanzas Consonances veulent allier efficacité, ergonomie et actualité, mais aussi recyclage des matériaux et revalorisation des essences de bois locales. Par les temps qui courent, il semble en effet urgent d'arrêter l'exploitation à outrance des forêts primaires, d'autant que nos régions produisent également d'excellentes essences parfaitement écogérées.


Conception générale des instruments

Pour les kalimbas nous utilisons des bois durs et homogènes, de manière à privilégier des aigües claires et longues. Pour les sanzas, dont la tessiture se situe plus bas, les tables d'harmonie seront faites d'essences un peu moins denses, afin de produire des basses profondes et de beaux médiums, bien distincts. Sur tous les modèles à caisse de résonance, les lamelles sont faites d'un acier carbone trempé très résistant et sont montées sous une barre de pression réglable en hauteur, accessible par trappe arrière, ce qui permet de simplifier toute opération d'accordage ou de rectification. Les éclisses métalliques du résonateur ajoutent volume et clarté au son, mais le montage sur table d'harmonie seule reste toujours possible sur simple demande.


Sonorisation

La sonorisation par double capteur piezzo permet d'adapter chaque instrument à un maximum de configurations différentes, de la scène au studio de répétition, en limitant la possibilité de larsen tout en gardant une lattitude de gain assez large. Les micros sont également accessibles par la trappe arrière. Pour davantage de détails et pour les différents modèles: section "Les sanzas".


Les différents noms de la sanza: confusions fréquentes


L'instrument possède en réalité autant d'appellations différentes qu'il y a d'ethnies (souvent d'origine bantoue) à l'avoir jadis adopté; ces appelations se nomment "vernaculaires" et se comptent par centaines. Les trois principaux retenus aujourd'hui sont sanza, kalimba et mbira. Pour ôter les confusions que l'on rencontre souvent aujourd'hui entre ces trois termes, voici quelques précisions:


Sanza traditionnelle végétale

La sanza

Terme probablement dérivé de la racine bantoue "sanzi". Primordialement, l'instrument concernait davantage les pays de centre-ouest comme le Congo, le Cameroun ou la Rébublique Centrafricaine. A l'origine le clavier, souvent monté sur caisse de résonance creusée, était plutôt fait de lames de fibre végétale comme le raphia ou le bambou, ce qui confère à la sanza le statut supposé de "doyenne". Mais de là, avec le temps et peut-être aussi sous notre influence à nous (retours d'anciennes expéditions ethnologiques, etc...), le mot sanza a fini par devenir un terme générique, englobant implicitement l'ensemble des lamellophones africains. Comme il fallait sûrement convenir d'un terme général, et même si c'est un peu inexact à la source, il est donc admis aujourd'hui de dire que la kalimba, la mbira, l'ilimba, le likembe, le kongoma, etc... sont des sanzas.


Kalimba moderne à lames courtes

La kalimba

Ou karimba, puise plutôt son origine dans la vallée du Zambèze, au début de l'Afrique australe est, au nord du Zimbabwe et du Mozambique, ainsi qu'en Zambie jusqu'en Ouganda. Comme la mbira, elle semble peut-être apparue plus tardivement dans sa conception finale, puisque son clavier était déjà constitué de lames métalliques. Traditionnellement, celui-ci présente souvent deux niveaux de hauteur, l'un pour les aigües et hauts-médiums, l'autre pour les bas-médiums et basses. La caisse de résonance est rare.
Dans nos régions occidentales, le mot kalimba est également devenu un nom assez générique. Mais aujourd'hui ce terme désigne tout de même un instrument de plutôt petite taille, au corps de bois dur permettant un registre assez aigü, avec des notes plutôt cristallines et longues. La caisse de résonance peut être présente ou non, le nom semblant davantage s'être associé à cette qualité particulière de son, rappelant un peu celui du glockenspiel.


Mbira traditionnelle du Zimbabwe

La mbira

Ou mbila, est l'instrument traditionnel de la musique Shona, qui est aussi une civilisation bantoue. C'est un peu l'instrument national du Zimbabwe, mais on en trouve aussi au Mozambique. Elle est une variation assez évoluée de la kalimba. Plus imposante, elle est dotée d'une table d'harmonie de bois dense et lourd (mubvamaropa, aka padouk). D'un côté de l'instrument (souvent le gauche) se trouve un clavier à deux niveaux couvrant deux octaves entiers pour l'accompagnement, de l'autre un clavier simple (mais parfois doublé aussi) ajoutant un troisième octave pour la mélodie. Le clavier de l'instrument compte généralement de 22 à 24 touches mais peut aller jusqu'à parfois plus de 30, dans ce cas le clavier mélodique est également doublé.





Atelier Consonances
- Conception de sanzas professionnelles -

Vernaculaires:

Senegal: gongoba,
Zimbabwe: mbira, ambira, hera, matepe,
Nigeria: akpata, ubo, jidiga,
Ethiopie: aprempensuah, sasi, timbili, toum,
Zaïre: kwango, rubi, ngbaka,
Haute-Volta: gininji, koné,
Tanzanie, Mozambique: uimba, ilimba, chilimba,
Rwanda, Burundi: ikembe,
Cameroun: mangambeu, mboton, timbrh,
Angola: kissange,
Liberia: bonduma, gbelee, kongoma,
Soudan: afosangu,
Zambie: luvale,
Ghana: aprempensuah,
Centrafrique: chilimba, kembe, limba,
Congo: nzanga, likembé, kyanya, maduku, lugandu,
Ouganda: kalimba, karimba, kadongo,
Sierra Leone: kongoma, kondi,
Gabon: madaku, bant'you,
Afrique du Sud: mbila, deza...

Ailleurs;
Cuba, Colombie: marimbula,
Jamaïque: rhumba box,
République Dominicaine: malimba,
Haïti: malimba,
Brésil: laongo bania, madimba, marimba,
Mexique: banja,
Venezuela: marimbola,
Uruguay: quisanche,
Etats-Unis: thumb piano, marimba brett,
Pays Francophones: kalimba, piano à pouces,
Anglophones: thumb piano, finger piano...